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Nils-Christian IHLEN-HANSEN
L'art des drapés
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Nils-Christian IHLEN-HANSEN


« On ne saurait découvrir cet ouvrage consacré à la réalisation de superbes drapés sans dévoiler le parcours d’excellence surprenant de son auteur. Je vais donc essayer de vous décrire ici cette aventure humaine, destin hors du commun, eu égard à l’amitié d’une trentaine d’années qui me lie au styliste-modéliste norvégien Nils-Christian Ihlen-Hansen.

Cela commence comme dans certains contes scandinaves ou légendes des pays d’Europe du Nord ‘‘Le merveilleux voyage de… Nils-Christian Ihlen-Hansen… à travers le monde !’’.

En 1944, naît à Oslo, en Norvège, un petit garçon différent et fragile… Cet être est un paradoxe, comme son pays, à la nature puissante et inquiétante à la fois, où elfes, fées et trolls hantent fjords et forêts.

Porteur d’un handicap de naissance, Nils-Christian doit étudier dans une école de sourds-muets où, grâce à la compréhension de parents attentifs et à la qualité de l’aide efficace aux handicapés de son pays, il fera preuve d’une volonté hors-normes, devant plus que tout autre, prouver ses capacités.

Les êtres issus du peuple viking ne peuvent devenir des personnes insignifiantes. Nils-Christian va conjurer le maléfice imposé à sa naissance par un mauvais génie : il retrouve 35% d’audibilité, même si prononcer les consonnes reste longtemps un enfer pour lui.

Comment ne pas penser au silence tragique du tableau d’Edvard Munch : ‘‘Le cri’’ ?

De nombreux dons lui sont heureusement prodigués. L’attirance pour la danse classique et moderne, pour les décors et costumes de ballets d’Opéra ou de music-hall, la découverte des Arts et Métiers, son aptitude au dessin allié à un sens tactile des tissus, des vêtements, viennent compléter son héritage de conquérants épris d’espace, de liberté et d’aventures. L’Histoire, la Géographie, l’approche d’autres cultures l’amèneront même à étudier plusieurs langues. Ainsi, va germer beaucoup plus tard l’élaboration de sa méthode de drapés…

Nils-Christian Ihlen-Hansen grandit en jeune excentrique. Durant ses années scolaires, on se moque de ses tenues originales. Il habille ses poupées, les arbres de son jardin, tricote les fameux pulls norvégiens, dessine Anita Ekberg et Brigitte Bardot sur ses cahiers… Il ne ressemble à personne de son époque ! et est doué pour le bonheur. Chez lui, le ‘‘regard du sourd’’ n’est pas triste. Il en fait une faculté précieuse. Il vit dans un monde semi-silencieux de concentration, de réflexion mais où les regards sont perçants, les gestes précis, où la lucidité devient double-vue sur les êtres et les choses. Habile, Nils-Christian Ihlen-Hansen saura ‘‘dire’’ avec ses mains, et, la parole retrouvée, transmettre aujourd’hui, grâce à la richesse de sa différence animée par le courage, son talent de styliste-modéliste.

En 1966, il obtient à Oslo, le diplôme de l’Ecole Nationale des Arts et métiers, section Dessins de Mode et Costumes. Il collabore alors à différents journaux de Mode en Norvège et au Danemark, en tant qu’Illustrateur.

L’envie de voyage s’empare de lui… Il comprend très tôt que l’air de Paris est favorable aux créations, exaltant l’imaginaire des artistes et leur sensibilité, que les industries d’Art françaises leur communiquent une inspiration féconde universelle, en un temps où la couture parisienne est la seule à satisfaire le désir de séduction des femmes. En 1967, sitôt diplômé de l’Ecole de la Chambre Syndicale de la Haute-Couture parisienne, Nils-Christian Ihlen-Hansen est engagé comme ‘‘assistant modéliste flou et tailleur’’ chez Patou ; il y apprendra la nécessité impérieuse pour un couturier de magnifier le corps des femmes.

‘‘Le merveilleux voyage de Nils-Christian’’ se poursuit…

Son dossier lui ouvre les portes de ‘‘Pierre Cardin’’ grâce à son élégante originalité.

En 1971, l’obtention du certificat du C.E.T.I.H. le rend pluridisciplinaire dans l’habillement.

Il travaille alors en styliste-modéliste indépendant : en maille pour Ted Lapidus, Team-Club et dans différents pays d’Europe. Sa préférence pour les coupes compliquées, élaborées avec une lente exigence de perfection, le porte vers la robe du soir, notamment pour le Liban et les pays du Moyen-Orient. Les métiers de la Haute-Fourrure chez Léon Vissot le rapprochent de sa Norvège. Le cuir réapparaissant dans les collections avec les peaux lainées pour homme et femme, l’entraine chez Mac-Douglas, Chrome-cuir, Jean Pecarel ou encore Zilli. Le sportswear Homme chez Guy Laroche, Pierre d’Alby ou Jacques Heim International confirme sa préférence pour la mode masculine.

Cette période où la Haute-Couture s’efface devant le Prêt-à-porter va l’inciter à collaborer à des collections de Prêt-à-porter de Luxe Femme pour tailleurs et manteaux. Vers la fin des seventies, on lui propose d’enseigner le dessin de mode à l’école ESMOD-Paris. Il se découvre là une nouvelle motivation qui va orienter jusqu’à sa vie actuelle. Mais l’âme du Viking se réveille…

Le voilà parti pour les Pays du Sud-Est asiatique où il coopérera à de nombreux projets, réalisant des costumes de scène, participant à divers jurys de mode, jusqu’à se voir offert l’insigne honneur de créer des modèles pour la famille royale de Thaïlande à l’Occasion du 200è anniversaire de la capitale. C’est en participant pendant plusieurs années à l’enseignement du dessin de mode, du moulage et des drapés dans la première franchise ESMOD à Bangkok qu’il commence à penser à la réalisation de sa future méthode de drapés. Il étudie les personnages des temples, la manière de travailler des étoffes somptueuses qu’il associe au souvenir de son passage chez Jean Patou où il fut subjugué par le moulage et la perfection de modèles d’exception réalisés selon des techniques de coupe exigeantes.

Dans le même temps, l’école ESMOD International implante des pépinières de talents, en France et dans le monde. ESMOD-Norvège ? Avoir son école de stylistes-modélistes à Oslo ?...

Il se sent prêt à reprendre les ailes du vent pour une ultime migration, en sens inverse, vers sa terre natale. Nils-Christian Ihlen-Hansen crée en 1990 MOTESKOLEN AS–ESMOD OSLO, première école de Mode dans les pays scandinaves qui acquiert rapidement une place renommée, avec l’agrément de l’Education nationale norvégienne (Culture et Science). La reconnaissance de son talent de créateur lui vaut de présenter dans la Presse, la garde-robe de madame le premier Ministre de Norvège, Gro Harlem Brundtland, en 1995.

Il se consacre alors entièrement à ses élèves à Oslo, et comme intervenant dans les différents ‘‘Esmod-International’’ (Sao Paulo, Beyrouth, Dubaï, Paris…). Parallèlement, il s’absorbe dans la mise au point de la création de la méthode de drapés présentée dans cet ouvrage.

Pour lui, la Mode procède de l’Art ; il l’a toujours perçue comme un sculpteur et désormais comme un architecte. Par l’enseignement de son savoir-faire, il transmet aux plus jeunes des secrets appris des anciens. En praticien conciliant la maîtrise absolue de l’aplomb d’une étoffe avec les volumes féminins suggérés, soulignés ou voilés, il sait que l’équilibre en est périlleux. Nils-Christian Ihlen-Hansen n’est pas passéiste : il déplore seulement dans la mode actuelle, un manque de professionnalisme, de conscience de ce métier prestigieux qui se perd ou n’est plus encouragé.

Dans ce livre, Nils-Christian Ihlen-Hansen impose son univers original par sa technique et sa création personnelle de six familles de drapés mêlant le fluide et le graphique, à l’instar des grands qui l’ont précédé. On y retrouve l’invitation au voyage, découvrant que le lieu de la créativité inspiré par les Arts est hors du temps et de l’espace, échappant à l’identité, aux étiquettes stigmatisantes, au masque des apparences.

Où est aujourd’hui le jeune garçon différent, excentrique et fragile qui habillait les arbres et semblait condamné à une vie de silence ?

Vous serez surpris par cette ample silhouette de Viking, un peu ‘‘Falstaff’’, un peu ‘‘Goldfinger’’, personnage aux doigts d’or qui démontre avec éclat par sa vie personnelle totalement assumée que le handicap n’est pas une fatalité.

L’ensemble de son parcours lui a valu d’obtenir les ‘‘Fashion Awards’’ en 2008 à Oslo. »


Christiane Chalin-Mariotte